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ENTRETIENS de VALPRE – 16ème édition – ” IL EST URGENT DE PRENDRE LE TEMPS ! se Libérer de l’Immédiateté “

www.entretiensdevalpre.org

Parmi les intervenants qui se sont exprimés ce 17 novembre 2017, au centre de congrès de Valpré, un très large consensus s’est dégagé sur les causes de l’accélération du temps et sur les moyens d’autodéfense dont nous disposons pour y faire face. Au banc des accusés : internet, pression médiatique, raccourcissement de l’espace et des temps de réponse, digitalisation, financiarisation de l’économie, et …. Nous – mêmes.

En ne sachant pas toujours distinguer urgences et priorités, tactique et stratégie, temps court et temps long ; en reportant sur le niveau supérieur certaines tâches que nous aurions dû assurer nous-mêmes, et, inversement, en ne déléguant pas au niveau inférieur par volonté de tout contrôler, nous asphyxions notre hiérarchie ou nous nous laissons submerger.

Alors, quelles recettes ? puisque – comme le dit Gilles Vernet – « c’est un phénomène structurel et il n’y a aucune raison de culpabiliser ». Sachons faire des choix, profitons de ces outils que nous rendons facilement coupables, dans la perspective de gagner du temps ; prenons notre temps en respirant, en alternant les rythmes, afin d’aller plus vite au moment opportun.

Prendre son temps pour Jean-Paul Bailly, c’est prendre le temps de la réflexion, de l’anticipation, et ce n’est donc pas perdre son temps : une heure d’arrêt par jour pour Christian Streiff lorsqu’il dirigeait PSA, une demi-journée hebdomadaire pour le Chef d’état-major des armées, deux fois une demi-heure pour l’ancien directeur général de la modernisation de l’Etat, François-Daniel Migeon.

Ne nous laissons pas conduire par le temps, comme le dit le Général Pierre de Villiers, mais conduisons-le, en prenant nos décisions à l’aune de l’objectif (temps long) et non à celle de l’immédiateté.

Sachons nous arrêter à la 12ème heure, car, au-delà, la décision que nous prendrons ne sera pas la bonne, et acceptons qu’une décision prise par l’un de nos collaborateurs puisse être moins bonne que celle que nous aurions nous-même prise, propose Christian Streiff.

« Arrêtons d’emmerder le monde le soir à 20h30 », assène le Général.

Posons-nous la question de la qualité de notre présence à l’instant présent comme le suggère François-Daniel Migeon; « centrons-nous, car l’ennemi est en nous. Un dirigeant « centré », est connecté au meilleur de lui-même et aux personnes qui l’entourent ». Acceptons de n’être pas la solution : « Il n’y a que le soin de mon âme que je ne peux déléguer ».

Pour conclure, je reprendrai les conseils délivrés in fine par ces trois personnalités lors du débat de clôture :

  • Christian Streiff : « Prends ton temps !»,
  • François-Daniel Migeon : « Prends soin de ton âme, le reste suivra ! »,
  • Général Pierre de Villiers : « En avant, calme et droit !»

En avant, parce que l’équilibre est toujours en dynamique, calme parce que c’est la sagesse, et droit parce que la ligne droite fait gagner du temps.

Xavier de Lombarès