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APTIMEN MANAGERS, organise à nouveau avec Credoworking une conférence le lundi 10 avril à 18h30 à Valpré – Ecully avec l’intervention de :

Pierre-Yves Gomez sur le thème de

“L’intelligence du travail : à quoi ça sert ? à quoi je sers ?”

Eventbrite - L'INTELLIGENCE DU TRAVAIL A QUOI CA SERT ? A QUOI JE SERS ?

Avoir l’intelligence de son travail c’est en percevoir le sens (à quoi sert-il ?) et notre utilité vis-à-vis de lui (à quoi je sers ?). Maîtriser l’intelligence de son travail est un point de résistance anthropologique car il conditionne notre liberté d’agir.

Mais si le travail est source de libération, en nous permettant de transformer un environnement contraint, d’exprimer nos talents, de passer de la dépendance aux autres à l’interdépendance, il peut aussi nous aliéner s’il ne nous permet que de survivre, nous oblige à travailler au dessus de nos forces, n’a pas de sens pour nous.

L’intelligence du travail est décisive dans le basculement qui va de la libération à l’aliénation.

En effet notre Société se fabrique par les activités respectives de ses membres, et ce sont donc nos choix, quant à ce qui est utile et nécessaire, qui déterminent notre « Vivre Ensemble ».

Autrement dit, la communauté nationale tire sa spécificité de l’équilibre entre les différentes activités de ses membres qui, en s’activant, ont besoin de comprendre le sens de ce qu’ils font pour se sentir utiles.

Ces différentes formes d’activité, dont la somme constitue le « travail réel », sont :

1 : le travail domestique, qui inscrit l’homme dans la communauté de la famille.

2 : le travail bénévole (qui l’inscrit dans des communautés civiles, ex. associations, ou virtuelles, ex. groupes sur réseaux sociaux) et le travail du consommateur (do it yourself !)

3 : le travail indépendant, qui s’exerce en semi-autonomie avec une sécurité moindre.

4 : le travail salarié, qui impose au travailleur le sens du travail à réaliser.

Or, progressivement le travailleur s’est placé en dépendance des organisations qui lui permettent de financer ses activités non rémunérées, et le sens du travail est devenu tributaire de la consommation. Le consommateur, plus que le travailleur lui-même, définit l’utilité du travail au travers de son acte d’achat.

L’économie néolibérale a cessé de s’intéresser à la Condition du travailleur. Elle a réduit notre communauté a un marché où les rapports humains ne sont plus motivés par la production, mais par la consommation.

Pour PYG, il est donc urgent de remettre le travail humain au cœur du projet politique, car la Condition du travailleur détermine notre avenir et celui de la planète (intelligence du travail et responsabilité environnementale sont indissociables).

COMMENT le faire ?

En favorisant l’économie de proximité (collaborative, de fonctionnalité, de partage) : ex. co-voiturage ; financement de projets participatifs ; location directe entre particuliers ; développement de communautés virtuelles autour de projets…

En facilitant le contact direct entre producteurs et consommateurs, et leur mise en réseau, grâce à la « numérisation » (tant que l’interface n’est pas « ubérisée »)

En maîtrisant la gouvernance des communautés de travail sur internet, pour éviter que les plateformes numériques deviennent des interfaces destinées à réaliser des projets que ne définissent pas leurs utilisateurs (ubérisation).

En s’assurant que la robotisation contribue à servir la condition du travailleur (appropriation par les utilisateurs de la gouvernance des robots dont ils définissent ensemble l’usage): ex mise à disposition de machines permettant au consommateur d’inventer l’objet dont il a besoin (culture « maker ») ; création d’ateliers collectifs mutualisant des machines et redessinant ainsi des communautés de travail locales.

En libérant les entreprises des bureaucraties managériales pour donner plus d’espaces à la production de sens. En développant la subsidiarité (prise de décision au niveau le plus proche de sa mise en œuvre) ; en limitant la taille des unités de production, pour maintenir la solidarité entre leurs membres…Bref, en favorisant au sein des entreprises une économie de proximité, souple et créative, où la place centrale du travail humain est une expression de son intelligence.

En incitant les politiques (ceux qui gouvernent les organisations) à définir un projet politique et social alternatif portant sur :

1/ la répartition des revenus : en remettant en cause le lien exclusif entre revenus et travail effectué dans ou pour les organisations, par ex. en préconisant un revenu universel associé à une évaluation de l’engagement du bénéficiaire dans les activités sociales dont l’utilité a été collectivement estimée

2/ la protection des travailleurs indépendants : en les aidant à s’organiser en communautés (ex. des chauffeurs UBER), afin qu’ils maîtrisent collectivement l’intelligence de leur travail.

3/ le contrôle des technologies digitales et robotiques : en créant un ordre juridique qui fassent que la propriété de ces technologies soient un « bien commun », détenu par ceux qui les utilisent et en bénéficient (sujet de gouvernance évoqué plus haut).

Xavier de Lombarès